Liberté, j’écris…

Ce petit article à vocation (presque) philosophique s’est écrit tout seul sous mes yeux ébahis après qu’on m’ait gentiment proposé de témoigner sur mon départ de Facebook. D’habitude, ça me prend bien six heures, sept brouillons et une théière remplie à ras bord. Je pense que ce n’est pas anodin : ce texte est probablement la réponse que j’attendais à une question que je ne m’étais pas encore posée. Jamais je ne prends autant plaisir à écrire que lorsque le sujet est justement l’écriture. Et jamais surprise n’est plus agréable que lorsque ce sujet fait soudain irruption dans un questionnement a priori complètement étranger et que je promenais jusque-là laborieusement d’articules en bafouilles, comme un grand vent d’ouest dispersant les dernières giboulées de mars.

On m’a proposé de témoigner sur ce fameux sujet des gens qui décident de quitter Facebook, or il y a déjà des quintillions d’articles sur le sujet et je viens à peine d’écrire un truc pas inoubliable qui en parle un petit peu. C’est au cœur de l’actualité, certains diront en raison d’un scandale mais il s’agit plutôt d’une vaste prise de conscience collective. Alors l’intérêt pour moi était de faire autre chose que la quintillio-unième redite qui vous serait tombée des mains au bout du deuxième paragraphe.

Je ne suis pas veilleur ou rédacteur Web. Je ne fais pas dans le panorama documenté. Ce n’est pas trop mon processus d’aller moissonner le cyberespace et de recracher une pluie de liens articulés par quelques phrases passe-partout dans un nombre optimisé de paragraphes sur lesquels j’aurais épinglé une brassée de mots-clés stratégiques pour projeter le tout en vitesse-lumière sur un nombre absurde de plateformes aux noms improbables. Je suis plutôt ni like, ni retweet. Je cultive la discrétion (certains diront l’obscurité) dans ma production numérique.

J’ai fait ce que le blog permet le mieux de faire. Je me suis mis à écrire.

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Algorithmologie

La relation entre science et société devient de plus en plus passionnante à étudier, notamment grâce aux technologies qui font le lien entre les deux : internet, réseaux sociaux, médias en ligne, etc. Un texte de David Chavalarias sur lequel je devais travailler, intitulé La Société de la Recommandation, aborde l’impact des nouvelles modalités de recommandation entre consommateurs et nous montre comment appréhender le rôle crucial des algorithmes dans les transformations de nos sociétés. Il apparaît au fil de l’argumentation que la nature d’un algorithme de recommandation conditionne la diversification des goûts et donc des choix faits par les individus ; les producteurs de contenus sont très attentifs aux modes de consommation des individus, qui orientent le choix stratégique des algorithmes, avec des conséquences attendues sur les choix de consommation. Autant dire que cet article, qui illustre par ailleurs l’application des méthodes des systèmes complexes aux sciences sociales, soulève tout un ensemble de questions majeures pour les sociologues, autant sur leur objets de recherche que sur leur démarche scientifique même.

L’expression “algorithmes de recommandation” nous suggère deux terrains sur lesquels réfléchir. Je ne viens ni de la sociologie ni des mathématiques mais je suis en plein questionnement sur mes futurs thèmes de recherche et ce sont deux domaines qui me rendent curieux. La partie sociologique étant largement explorée dans le texte, j’ai progressivement recherché des informations sur la partie mathématique. Je me suis notamment demandé ce qu’est un algorithme et s’il pouvait m’intéresser dans le cadre de mes cours sur la science, la culture, la technique, la réflexivité, etc.

J’ai abordé l’écriture de ce texte presque comme un échauffement pour le mémoire : comprendre un sujet, le problématiser suivant un angle particulier, mobiliser des références récemment lues ou entendues. Voici donc un aperçu de ce qui se passe dans ma tête quand je lis un mot nouveau qui m’intéresse…

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