Le Bon, la Brute et le Doctorant

Ré(d)action #3 : liberté, inégalité, fraternité.

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Moteur à rédaction

Nouvelle vie, nouvelle ville, nouveau cycle d’écriture. Je l’inaugure par un texte écrit dans des circonstances inédites : une prise de notes devenue réflexion, réaction devenue rédaction, publiée le jour même. Et en y réfléchissant pendant la relecture, un concept marrant a pris forme, ce qui me pousse à créer une catégorie à part entière sur ce blog avec une petite explication. Je vous présente :

LE RÉ(D)ACTEUR

La thèse est une fusée aux multiples étages. Pour qu’elle décolle, il faut un réacteur. Attention, pas n’importe quel réacteur : un moteur à rédaction. Vous l’avez ?

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Archéographie

À force d’étudier la typographie, j’ai eu mon premier cas de typomanie : j’ai fait une pause dans la lecture d’un livre pour prendre le texte en photo et identifier la police de caractères. C’était Pour seul cortège de Laurent Gaudé, chez Actes Sud, composé de façon simple, classique mais élégante. J’ai écrit cette année un article sur la sémiologie des lettres d’imprimerie, pour la préparation duquel j’ai lu de nombreuses descriptions fleuries de ces petits signes fins ou empâtés, dénudés ou à empattements, classiques assoupis et modernes bruyants. J’ai appris que certains invitent à la contemplation extérieure, tandis que d’autres vous aspirent dans le bruissement du texte. J’ai constaté leur pouvoir d’attraction, leur qualité variable, leur histoire riche en rebondissements graphiques. Et donc inévitablement est arrivé le moment où, absorbé dans la lecture d’un bouquin, j’en suis sorti d’un coup par cette réflexion toute bête : « Qu’est-ce qu’il est beau ce titre… »

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Passage en vitesse-lumière

Je pose un regard neuf sur le monde. Ce n’est pas de sa faute ; je me suis fait opérer des yeux.

J’aime bien cette blague et je sais que je vais la ressortir au fil des ans, petite fierté d’humoriste amateur qui sait qu’il en tient une bonne malgré l’absence de réaction du public. Évidemment je vais la décliner (« Je pose un regard neuf sur le Président… » « Je pose un regard neuf sur les marrons »). Vous aurez noté le champ lexical de la dinde, après tout c’est bientôt Noël. Mais ce n’est pas qu’une blague : le changement me travaille, plus mentalement que visuellement. Et la blague, une fois écrite, appelle à la réflexion.

Pendant que je récupérais, dans le noir et avec les yeux comme des pamplemousses, je me suis dit que j’avais bien de la chance (j’ai un grand-père qui n’y voit plus grand-chose) et qu’il faudrait que je fasse quelque chose de constructif avec ce regard tout neuf.

Ça commence doucement, et c’est évidemment lié à la lecture.

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Roll With The Times

Un essai en anglais  sur la question de la visibilité, rédigé en réaction au thème de la conférence de Charleston de cette année. Les sources traditionnelles d’information sont mises à mal par le Web : les bibliothèques disparaissent derrière les interfaces des bases de données et des moteurs de recherche, tandis que les éditeurs se font mordre les mollets par de nouveaux entrants qui misent sur l’économie de la réputation. À lire avec une tasse de Earl Grey et un dico bilingue.

The theme to this year’s Charleston Conference sounds universal but should hit especially close to home for all involved in scholarly communication. My training in health sciences and librarianship has driven me to the questions of discovery and access, which matter to librarians and publishers alike. And as web technologies transform the way we discover and access information, these traditional providers of knowledge are faced with a difficult challenge: they are slowly being pushed to the background and rendered invisible by new models and digital-native players.

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Algorithmologie

La relation entre science et société devient de plus en plus passionnante à étudier, notamment grâce aux technologies qui font le lien entre les deux : internet, réseaux sociaux, médias en ligne, etc. Un texte de David Chavalarias sur lequel je devais travailler, intitulé La Société de la Recommandation, aborde l’impact des nouvelles modalités de recommandation entre consommateurs et nous montre comment appréhender le rôle crucial des algorithmes dans les transformations de nos sociétés. Il apparaît au fil de l’argumentation que la nature d’un algorithme de recommandation conditionne la diversification des goûts et donc des choix faits par les individus ; les producteurs de contenus sont très attentifs aux modes de consommation des individus, qui orientent le choix stratégique des algorithmes, avec des conséquences attendues sur les choix de consommation. Autant dire que cet article, qui illustre par ailleurs l’application des méthodes des systèmes complexes aux sciences sociales, soulève tout un ensemble de questions majeures pour les sociologues, autant sur leur objets de recherche que sur leur démarche scientifique même.

L’expression “algorithmes de recommandation” nous suggère deux terrains sur lesquels réfléchir. Je ne viens ni de la sociologie ni des mathématiques mais je suis en plein questionnement sur mes futurs thèmes de recherche et ce sont deux domaines qui me rendent curieux. La partie sociologique étant largement explorée dans le texte, j’ai progressivement recherché des informations sur la partie mathématique. Je me suis notamment demandé ce qu’est un algorithme et s’il pouvait m’intéresser dans le cadre de mes cours sur la science, la culture, la technique, la réflexivité, etc.

J’ai abordé l’écriture de ce texte presque comme un échauffement pour le mémoire : comprendre un sujet, le problématiser suivant un angle particulier, mobiliser des références récemment lues ou entendues. Voici donc un aperçu de ce qui se passe dans ma tête quand je lis un mot nouveau qui m’intéresse…

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