Dégâts fameux

Rédaction #7 : Web à franges.

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Bulle en tête

J’ai déterré par sérendipité une phrase merveilleuse quelque part sur le Web. Le 24 mars 2000, Bernard Pivot piège Dominique Rolin et Philippe Sollers sur le plateau de Bouillon de culture en révélant au public ce qui était connu dans tout le milieu littéraire, à savoir leur histoire d’amour secrète, une liaison magnifique que les deux avaient laissé plus ou moins discrètement transparaître dans leurs livres. Dominique Rolin (qui, précisons-le du fait de l’ambiguïté du prénom, est une femme) ne sait comment répondre mais Sollers garde son calme et prononce entre autres cette très belle phrase :

Il faut défendre la vie qu’on mène du moment qu’on est vivant.

Et bon sang, il a raison. Mais ça n’est pas toujours évident.

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Qui m’aime m’écrive

Second changement d’adresse, le vrai cette fois-ci. Diplômé récidiviste, je quitte enfin Lyon (la Lyonnaise des eaux) pour travailler à Bordeaux (la Bordelaise des vins). Trois ans de thèse financée, écriture, édition et épistémologie ! Il faut célébrer ça, c’est donc l’occasion d’un vrai grand article humoristicolérique comme je les aime bien. Je n’ai pas écrit depuis un bon moment car, voyez-vous, j’étais plongé dans un véritable dilemme métaphysique sur la valeur de l’écriture. Enfin, disons plutôt que je récupérais suite à la rédaction de mon mémoire (désormais en ligne). Mais c’est bien de cela que l’on va parler aujourd’hui : ce que je pense de la valeur de l’écriture, en mettant au passage les discours en actes. En effet, écrire ces modestes billets me prend au moins cinq ou six heures à chaque fois, pour d’obscures raisons d’auto-congratulation perfectionniste. Or, le temps c’est de l’argent. Alors je profite de ce texte pour traiter d’un seul coup les questions du destin, de la raison d’être et du sens de la vie, avec moult tournures désuètes et un brin de provocation, histoire de rester léger. Vous l’avez compris, on va faire d’une pierre tant de coups que Tariq Ramadan risque de passer une tête hors de son bunker pour demander un moratoire sur la lapidation – profitez-en pour liquider ce cageot de tomates pas très fraîches qui se morfondent au fond de votre frigo et qui rêvent de servir de décorations d’Halloween tardives pour satrape hypocrite patenté et pas tentant.

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On ne peut pas lire de tout

Vous souvenez-vous du mot merdias ? Non ? Auriez-vous déjà oublié ce charmant petit néologisme se substituant à médias, fleurissant au printemps la campagne électorale de ses doux accents réactionnaires ? Allez, les journalopes au service des merdias, vous n’avez pas pu oublier… En tout cas, moi je n’ai pas oublié. En partie parce que j’adore les néologismes – un jour, j’en ferai un florilège sur ce blog –, mais aussi parce que j’ai lu coup sur coup trois infos qui m’ont donné une furieuse envie de m’époumoner sur la merdiatisation du paysage informationnel français, ce qui aurait fait mauvais genre en plein trajet de métro, j’en conviens, d’où ce billet rédigé avec empressement et mauvaise humeur, dont je déconseille fortement la lecture aux éventuels propriétaires de journaux ou de chaînes de télé qui passeraient dans le coin, sous peine de subir quelques remontées acides.

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Divulgâchis d’antépisode

Je me souviens de la première fois que j’ai entendu parler de la loi Toubon. Elle constituait la chute pas bien haute d’une blague un peu molle, de celles qu’on entend parfois dans un bureau quelconque à l’heure où le rond de cuir, gestionnaire inquiet, tente d’asseoir sa maîtrise de l’organisation du travail par la stimulation des zygomatiques de ses subordonnés. Le résultat peut prendre des formes variées, du bref mais caractéristique soupir nasal en réponse à une image amusante vue sur le net, jusqu’à la franche fission de poire sur son plat de côtes tenues que seuls les pires calembours savent déclencher (je ne sais pas pourquoi mais le totalement absurde « — Qu’est-ce qui est transparent et qui court dans la forêt ? — Un troupeau de vitres. » m’a toujours plié en deux).

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Typoème

J’ai mis des capitales aux accents dramatiques, Des guillemets pointus, serre-mots chevronnés, Une brassée de signes pour marquer la rythmique Et de beaux caractères aux jambes élancées. J’ai aligné les glyphes, astérisques et cédilles, Soigné les ligatures, les pleins et les déliés, J’ai défait et refait à mes risques et périls, Poussé, poli, rangé, fourbi, … Continuer la lecture Typoème

Épisode VII : Le Réveil de l’Écriveur

Où après avoir longtemps endossé la vocation d’instrument, l’auteur assume soudain d’être une machine à écrire.

Il faut que j’écrive. Je déborde de mots, il faut repiquer tout ça quelque part, laisser les idées pousser par elles-mêmes ; plus assez de place dans ma tête. La parole, même interne, ne me suffit plus. Elle est débordée par des pluies continues, lectures qui se multiplient et qui ne cessent pas. Car je n’arrive pas à m’arrêter de lire, et tout ça remplit un réservoir qui grince, se distend, craque… déborde ! Tout ça ressort, il faut que j’écrive. Oui, mais quoi ? Et comment ?

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Passage en vitesse-lumière

Je pose un regard neuf sur le monde. Ce n’est pas de sa faute ; je me suis fait opérer des yeux.

J’aime bien cette blague et je sais que je vais la ressortir au fil des ans, petite fierté d’humoriste amateur qui sait qu’il en tient une bonne malgré l’absence de réaction du public. Évidemment je vais la décliner (« Je pose un regard neuf sur le Président… » « Je pose un regard neuf sur les marrons »). Vous aurez noté le champ lexical de la dinde, après tout c’est bientôt Noël. Mais ce n’est pas qu’une blague : le changement me travaille, plus mentalement que visuellement. Et la blague, une fois écrite, appelle à la réflexion.

Pendant que je récupérais, dans le noir et avec les yeux comme des pamplemousses, je me suis dit que j’avais bien de la chance (j’ai un grand-père qui n’y voit plus grand-chose) et qu’il faudrait que je fasse quelque chose de constructif avec ce regard tout neuf.

Ça commence doucement, et c’est évidemment lié à la lecture.

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Intranquillité

Vous suivez l’actualité ? Chaque semaine on enchaîne les nouvelles stressantes, consternantes ou désespérantes, c’est la panique à bord. Parfois c’est une panique entièrement factice, construite et jouée mécaniquement, comme pour la énième crise de défaut de paiement de la Grèce. Mais parfois, une information nous atteint, nous touche plus particulièrement. Que se passe-t-il quand elles s’empilent ? L’esprit est maintenu dans un état de mécontentement, d’intranquillité et d’inconfort. La pensée se contracte, se referme, se rétrécit et se délite complètement. Je voulais revenir sur quelques moments durant ces derniers mois qui ont failli faire dérailler mon cerveau en glissant des grains de sable démoralisants dans les rouages de la locomotive. Mais aussi sur les résolutions que j’ai prises pour me tenir à distance des idées noires et rabougries.

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Res Publica

La politique, s’en insurger, s’en détourner ou s’y plonger ? Après les infos liées aux sciences/technologies, ce sont les pages politiques que j’épuise presque tous les jours sur les sites d’information. Mais la scène politique est une scène permanente, une télé-réalité sans fin. Le débat d’idées qui m’attire sonne souvent faux au point de tuer mon … Continuer la lecture Res Publica

La mala reputación

Connaissez-vous la rumeur ? Une fois n’est pas coutume, citons Desproges : “Elle est sale, elle est glauque et grise, insidieuse et sournoise, d’autant plus meurtrière qu’elle est impalpable. On ne peut pas l’étrangler. Elle glisse entre les doigts comme la muqueuse immonde autour de l’anguille morte. Elle sent. Elle pue. Elle souille. C’est la … Continuer la lecture La mala reputación

Down the road I go (trying not to turn into a popsicle even though I have a portable heater strapped to my back)

Behind this quite lengthy title hides a growing feeling of despair : it’s only October and already I fear of losing my fingers on the way to the Uni. And to think that a lecturer had the nerve of telling us that England is a nice warm place thanks to the Gulf Stream… I swear … Continuer la lecture Down the road I go (trying not to turn into a popsicle even though I have a portable heater strapped to my back)