Dégâts fameux

Rédaction #7 : Web à franges.

Continuer la lecture « Dégâts fameux »

Publicités

L’imparfait de l’injonctif

Quinze jours, c’est à la fois énorme et rien du tout ; à peine le temps de s’asseoir sur un caillou et de réfléchir. J’espère que les gens arriveront à se poser pour cogiter durant cet entre-deux-tours infernal, mais si j’en juge par la quantité de personnes qui se comportent comme des poulets sans têtes depuis dimanche dernier, c’est mal parti. Après le service obligatoire la semaine dernière, j’ai fait une poussée d’urticaire en lisant les contorsions cervicales des futurs abstentionnistes de deuxième tour cherchant à expliquer leur position. Pierre-Emmanuel Barré leur a pourtant donné l’exemple dans sa chronique censurée : je ne veux pas voter pour untel parce que je ne suis pas d’accord avec son programme, point. C’est succinct (et dans le cas de Barré, habillé de manière brutale et drôle) et ça suffirait amplement à expliquer une abstention ou un vote blanc. Hélas, il y a des gens qui ne peuvent pas se contenter de faire simple et qui redoublent d’arguments foireux pour essayer de justifier leur décision de manière logique, stratégique ou philosophique. Ça ne marche pas du tout, ça m’énerve prodigieusement et je me suis fait les dents sur un petit florilège de phrases piochées ça et dans Le Monde.

Continuer la lecture « L’imparfait de l’injonctif »

Épisode VII : Le Réveil de l’Écriveur

Où après avoir longtemps endossé la vocation d’instrument, l’auteur assume soudain d’être une machine à écrire.

Il faut que j’écrive. Je déborde de mots, il faut repiquer tout ça quelque part, laisser les idées pousser par elles-mêmes ; plus assez de place dans ma tête. La parole, même interne, ne me suffit plus. Elle est débordée par des pluies continues, lectures qui se multiplient et qui ne cessent pas. Car je n’arrive pas à m’arrêter de lire, et tout ça remplit un réservoir qui grince, se distend, craque… déborde ! Tout ça ressort, il faut que j’écrive. Oui, mais quoi ? Et comment ?

Continuer la lecture « Épisode VII : Le Réveil de l’Écriveur »

Passage en vitesse-lumière

Je pose un regard neuf sur le monde. Ce n’est pas de sa faute ; je me suis fait opérer des yeux.

J’aime bien cette blague et je sais que je vais la ressortir au fil des ans, petite fierté d’humoriste amateur qui sait qu’il en tient une bonne malgré l’absence de réaction du public. Évidemment je vais la décliner (« Je pose un regard neuf sur le Président… » « Je pose un regard neuf sur les marrons »). Vous aurez noté le champ lexical de la dinde, après tout c’est bientôt Noël. Mais ce n’est pas qu’une blague : le changement me travaille, plus mentalement que visuellement. Et la blague, une fois écrite, appelle à la réflexion.

Pendant que je récupérais, dans le noir et avec les yeux comme des pamplemousses, je me suis dit que j’avais bien de la chance (j’ai un grand-père qui n’y voit plus grand-chose) et qu’il faudrait que je fasse quelque chose de constructif avec ce regard tout neuf.

Ça commence doucement, et c’est évidemment lié à la lecture.

Continuer la lecture « Passage en vitesse-lumière »

Ici, là-bas, ailleurs

J’ai rédigé les lignes qui suivent durant l’un de mes examens de master il y a quelques semaines. Le texte à commenter était extrait du livre Lieux de savoirs, il s’intitule « Pensée retenue, pensée distribuée », l’auteur est Bruno Latour. La navigation dans ce texte n’était pas simple mais s’est révélée une vraie source d’inspiration. Comme pour le précédent, je crois que j’ai inconsciemment fait en sorte qu’on puisse relire le commentaire sans le texte sur lequel il se base, ce qui peut sembler bizarre mais ça marche ! Comme vous le découvrirez en lisant ce qui suit, Latour affirme que la pensée circule entre une multitude de lieux ; en quelque sorte, l’esprit de son texte est hébergé en partie dans ce que j’ai écrit, ce qui rend l’article plus ou moins autonome. Le relire me fait prendre conscience que mes tâtonnements philosophiques durant cette année dessinent une direction. Je suis parti de l’envie d’écrire, reflétée par le titre de ce blog, puis l’envie de chercher m’a amené à imaginer ce que peut être un explorateur moderne. En fait, tout ceci tend vers une préoccupation qui se fait de plus en plus urgente dans ce monde un peu fou : comment devenir un libre-penseur et comment le rester ? Je commence à avoir des éléments de réponse, notamment grâce à ce travail.

Continuer la lecture « Ici, là-bas, ailleurs »

Res Publica

La politique, s’en insurger, s’en détourner ou s’y plonger ? Après les infos liées aux sciences/technologies, ce sont les pages politiques que j’épuise presque tous les jours sur les sites d’information. Mais la scène politique est une scène permanente, une télé-réalité sans fin. Le débat d’idées qui m’attire sonne souvent faux au point de tuer mon … Continuer la lecture Res Publica