Je me fais rire

C’est encore arrivé. Vendredi dernier, au début d’un cours légèrement soporifique sur la dynamique des protéines, ça me l’a refait – comme on dirait d’un bug informatique et c’est un peu un bug de cerveau pour le coup. Je vous explique : je me fais rire. Bêtement mais sûrement, je me fais rire de tout et n’importe quoi, et si soudain une idée farfelue ou un jeu de mots répréhensible me vient en tête, je me marre tout seul, mais alors franchement ! Vendredi dernier, c’est un truc tout con : le prof débarque en cours avec ce tube en plastique très fin, bouché de rouge, étiqueté « B537DGqseqsdqsdqsdqfblllll » je me rappelle plus, un genre de dénomination très très sérieuse. Et le voilà qui se tient devant nous avec ce tube, aussi grave que Colin Powell avec sa fiole de jus de pomme à l’ONU en 2003, et nous explique le contenu extraordinaire du tube, des enzymes de fou, comment il l’a analysé au substantifique poil près, « Nous pouvons tout savoir », etc. Et il envoie le tube faire un tour d’amphi, 50 étudiants qui font circuler le Saint Graal de polypropylène et son élixir de science avec des yeux ébahis pendant bien un quart d’heure.

Je fais une petite pause pour vous rappeler qui écrit ces lignes : l’heureux possesseur d’un cerveau taillé sur mesure pour repérer le ridicule et l’hilarant, un détecteur humain d’humour, un aimant à déconnade. Et alors que notre Nobélisable et son extrait de savoir font sensation, il me vient une idée débile mais drôle. Voyez-vous, si j’étais le prof, j’aurais rempli le machin avec de l’eau. Cette toute petite idée de farce stupide me contracte les zygomatiques jusqu’aux larmes ; non pas que l’idée soit dénuée de logique, quel besoin a-t-il de sortir de son labo d’onéreuses protéines, sujettes de coûteuses expériences, vulnérables à la moindre inattention portée au tube, quand il peut simplement embarquer 3 cL d’eau minérale et faire sa présentation avec la même pertinence ; non, ce qui me tord de rire, c’est de m’imaginer à la place du prof voyant mes élèves scruter sans fin des enzymes qui n’existent pas.

Comme dirait un ours célèbre, « Il en faut peu… »

De temps en temps ça fait du bien
T’as raison Larry, de temps en temps ça fait du bien
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6 réflexions sur “Je me fais rire”

  1. Ralalaaa… Sadique presque 😉 Mais t’as raison, rigole, il parait que ça fait vivre plus longtemps. Et puis même si c’est probablement une bêtise, au moins tu auras bien vécu =)
    Bisous

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