Chords, shots and glow sticks

La soirée d’hier restera dans les annales de Slems : canons UV, peinture fluo, strobos et bâtons lumineux à gogo, plus des DJ sous acide et des barmen si débordés qu’on avait le temps de se griller un canard et de le déguster dans la file d’attente avant d’être servi. Personnellement je n’ai pas entendu de musique, juste du bruit à très haut volume ; donc j’ai passé la majeure partie de la soirée à boire dehors (comme la moitié des gens, échappés d’un dancefloor étouffant et peu animé). Petit bilan d’une soirée mémorable…

Mon carburant ces jours-ci.
Mon carburant ces jours-ci.

19h. Sortie de table, en titubant sous le poids de féculents ingérés en quantité déraisonnable (sauf si on considère qu’il s’agissait d’une mesure préventive vis-à-vis d’excès éthyliques futurs, auquel cas la double dose de frites était doublement justifiée). Une poignée d’entre nous se retrouvent à la chapelle, un bâtiment octogonal équipé d’un piano, une batterie et un ampli (hourra !) dont il faut caler le connecteur avec du papier sous peine de larsens immondes (moins hourra). Et c’est dans ce lieu improbable qu’un moment musical se crée entre guitariste (votre serviteur) et pianistes (Espagnol et Thaïlandais), entre la sonate et le blues, entre des chansons pop des années 2000 et le thème de la Panthère Rose. Une longue séquence d’improvisation complètement spontanée avec des pianistes jouant habituellement du classique (!) qui m’a permis de libérer l’énergie musicale que j’accumulais depuis plusieurs jours en écoutant des disques de Carla Bley et Steve Swallow. Un régal ! Et même pas besoin de mettre de la réverb vu la résonance de la chapelle…

21h. Après avoir mis la guitare sous clé et enfilé un t-shirt dispensable promis à un traitement fluo du plus bel effet, voilà-t-y pas qu’on tombe sur la table de ping-pong, judicieusement dressée dans le hall du hall (ah la vilaine répétition). Et c’est dans ce lieu improbable qu’eut lieu la finale France-Inde des Jeux Olympiques de tennis de table de Manchester, entre Siddarth Yakav et Arthur Perret. Inutile d’en dire plus… À un moment, un grand type déjà bien arrosé passe à toute vitesse avec une fille dans les bras et nous crie « Bad choice of entertainment ! ». Eh oui à force de taper la balle, on en oubliait presque qu’une fête avait démarré à l’étage en dessous. On descend, et c’est là que l’un des spectateurs du match, chinois de son état, nous dit qu’il n’est jamais bourré en soirée vu qu’il tient très bien l’alcool. Erreur fatale.

22h. Visuellement c’est réussi. Tous les ravers habillés en blanc scintillent sous les UV, la salle est éclaboussée de peinture fluo, il y a des bâtons lumineux jusque dans les bouteilles de bière (plus idiot, tu meurs car le contenu desdits bâtons est hautement cancérigène). Mais la musique… pardon, le bruit à très haut volume… horrible, juste horrible. Le genre de pulsation vide de toute musicalité qui te fait dire ‘Bon, il temps de se mettre une misère parce que sans ça mes tympans vont faire leurs valises’. So… vodka shots ! Le but était de faire tomber les deux nippons qui nous disaient être immunisés aux spiritueux. Le résultat ? Eh bien il me suffira de vous dire que jusqu’à la fin de l’année, je les surnommerai ‘hilariously drunk Asian guys’ (allez faire un tour sur translate.google.com si vous avez un doute).

– L’instant chiantifique du Professeur Gélule –

lightbulb_web_bigLa raison pour laquelle nous nous sommes allègrement lancés dans un concours de shots avec nos compères asiatiques est fondée sur une constatation scientifique : une grande partie des asiatiques possède non pas une faible résistance à l’alcool mais une enzyme surpuissante qui le métabolise à toute vitesse. Cela produit des quantités importantes d’acétaldéhyde, molécule responsable d’un paquet d’effets marrants comme parler aux lampadaires ou rire très fort de tout et n’importe quoi. Une ruse biochimique étonnante, non ? Dans un prochain numéro, nous parlerons des lavements au muscadet.

00h ? 01h ? Je ne sais plus. Après beaucoup de rigolade et alors que les gens commencent bruyamment à se disperser dans le quartier, j’ai l’idée du siècle pour caser mon pianiste espagnol avec sa danseuse chinoise : je les envoie « chercher des cookies dans ta chambre parce qu’il faut qu’on fasse manger hilariously drunk Asian guy #2 si on veut pouvoir lui faire boire un shot de plus ». Évidemment, ça marche du feu de Dieu, ils y retournent même un petit coup vers 00h30. Vivent les cookies.

01h et plus. De multiples plans sont tirés sur d’improbables comètes, des rendez-vous sont pris et des promesses intenables lancées à tous les vents. La soirée s’achève pour moi… ou pas ? En entrant dans ma chambre, je vois par la fenêtre ce cher hilariously drunk Asian guy #2 assis dans sa chambre toutes lumières allumées, le regard perdu au plafond. Je descend, je frappe, il ouvre et me sort « Il y a un moustique énorme dans ma chambre mais je ne peux pas le tuer, je suis trop bourré ! ». Je retiens un fou rire et ma respiration alors que je dégomme la sale bête avec une pantoufle. Cette fois la nuit est vraiment finie.

– – –

Prochainement dans votre cinéma : Indiana Jones et la lessive commune ; Curry à tout prix ; Chérie, j’ai rétréci le Big Band ; Erasmus: Origins ; Le Bon, la Brute et la Norvégienne ; et bien d’autres encore. Stay tuned !

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3 réflexions sur “Chords, shots and glow sticks”

  1. Ahahah excellent, les soirées après le bac c’est toujours assez mémorable, surtout avec plein d’étrangers. =) J’ai bien ri devant ton petit résumé, je pense que tu as dû bien t’éclater. Ton ‘Bon, il temps de se mettre une misère parce que sans ça mes tympans vont faire leurs valises’ m’a fait rire plus que de raison hihi. Vous avez une soirée toutes les semaines environ ?
    Voilà voilà j’arrête de t’embêter, mais comme je passais par là je me suis sentie obligée de dire des bêtises 😉
    Bisous et à bientôt.

    1. Il y a des soirées partout, tout le temps, dans tous les sens ! Évidemment depuis le début des cours je n’en ai pas fait une seule, d’autant plus qu’au sous sol du hall on a un bar d’enfer avec des pintes à £1.30, ça me coûte 4 fois moins cher que de prendre le bus pour aller en ville.

      1. et du coup tu peux boire 4 fois plus !! mouhahaha je reconnais la logique implacable =)

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