Heat – Coup de chaud

Le chauffage marche !

De l’avis même des Mancuniens, le temps est pourri. Très similaire à la Bretagne, avec des passages nuageux, de brèves averses, un soleil capricieux… Mais il fait 10°C (et je ne vous parle pas de la température de l’eau parce que Liverpool c’est pas la porte à côté). Aujourd’hui, malgré les averses de 7 secondes (ah putain j’ai même pas eu le temps d’ouvrir mon parapluie que je suis déjà trempé comme une souche) et les rafales de mistral anglais (prononcer ‘mistrawl’) j’ai enfin rencontré des Erasmus ! Et des étudiants de Biologie (toujours pas de biochimistes, nous sommes une espèce en voie d’apparition), parmi lesquels un sympathique groupe surtout féminin avec lequel un verre fut partagé et des plans échafaudés sur un coin de téléphone (en tout bien tout honneur).

I had a dream of omelette - Martin Luther King
Fig. 1 : Songe d’une nuit d’omelette

Et Marine, qui a réussi à manger des légumes après 5 jours de pâtes grâce au repas gratuit semi-végétarien offert par la fac de biologie… Marine, c’est l’autre biochimiste venue ici en terre inconnue 2 jours avant moi et qui connait déjà tout sur les bus, dont les portes ont tendance à rechercher un contact jovial et soudain avec son visage ! Elle qui m’a permis d’avoir un numéro anglais, une astuce bancaire et un autre repas gratuit (de pâtes), elle qui m’a indirectement rappelé il y a 2 minutes en postant 30 photos sur Facebook que j’ai oublié d’en faire autant pendant qu’il faisait beau. Cheers, Marine. C’est vrai qu’on mange pas terriblement bien en Angleterre (une succulente chronique à venir sur le sujet) mais moi au moins j’ai un repas équilibré légume et fruits compris qui m’attend tous les soirs donc j’ai moins à me plaindre qu’elle… Qui plus outre, ayant dû casquer £80 pour une toge cérémonielle (tut tut je vous en reparle plus tard !) et un ensemble couette-oreiller en arrivant à St Anselm, je vis sur des clopinettes et mange des clopinots depuis vendredi. Donc je me prends à rêver de bouffe (voir fig.1).

– – –

72h.

C’est ce qui a suffi à me faire prendre conscience de la pauvreté de l’encadrement à l’université de Lyon et en France en général (j’ai des témoignages d’Erasmus parisiens, même à Pierre et Marie Curie ils sont pas mieux lotis). The University of Manchester, c’est une fac qui te fait une petite UE en ligne sur la sécurité du campus, et pas seulement pour savoir où sont les alarmes mais quelle est la logique d’évaluation des risques mise en place derrière. C’est une fac qui place l’employabilité au-dessus des notes. C’est un système où l’étudiant est mis à contribution dans sa communauté et donc où le contact est facile, les échanges sympathiques et l’aide réellement sincère. Pour preuve les dizaines de jeunes ambassadeurs qui arpentent les rues en répondant à toutes les questions des nouveaux, même sous la pluie.

Ah oui j’ai oublié de vous dire, ici la pluie change de direction toutes les 6 secondes précisément : vous tenez votre parapluie en diagonale vers l’avant, en bouclier, quand soudainement ! une bourrasque chargée de gouttes de pluie vient vous fouetter les fesses et vous tremper le dos. Du grand n’importe quoi (d’où le tag ‘substitution tritonique’, qui désigne une manipulation d’accords qui vous surprend souvent par derrière).

Étudiants en route vers le campus – Huile sur toile, 1884

Reprenons. L’université anglaise telle que je la perçois depuis 3 jours, c’est un véritable partenariat, honnête et sans détour. Ça coûte un bras, un pied, la peau des 2 fesses et 5 ans de salaire d’un travailleur ougandais, mais on te dit, les yeux dans les yeux ‘Voilà ce qu’on attend de vous, voilà ce que vous pouvez en retirer.’ Un franc-parler et une intelligence dans la démarche qui rend les étudiants honnêtes avec eux-mêmes : ceux qui en sortent sans avoir fait grand-chose ou sans avoir trop pris au sérieux les études sup n’ont aucune rancœur mal placée envers la fac, comme trop d’étudiants français qui accusent le ‘système’ sans assumer leur manque de travail. Ici les choses sont claires dès le début ; le mur est visible et la fac vous offre des moyens pour l’escalader. Contrairement aux facs françaises où, parce que les droits sont peu élevés et les critères d’admissions très faibles, on dit ‘Tout le monde rentre !’ et seulement 50% passent la première année. Les autres se prennent le mur…

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2010_03130031

J’ai eu le bonheur de déballer ma guitare et d’en jouer un moment quand je commençais à déprimer du mauvais temps… Demain s’ouvre la foire des clubs et societies étudiantes, j’aurai donc des détails sur mes possibilités de joindre les amateurs de jazz. J’espère que ça va swinger dans les prochaines semaines.

Stay tuned !

Ce que vous ne verrez pas prochainement sur Biochimie Option Jazz : des photos (vous commencez à comprendre qu’il n’y en aura jamais), des vêtements secs, un aveu de plagiat des blagues de Desproges, du fromage, de la techno et le haut de la célèbre avenue de Market Street (depuis lequel on peut apercevoir sans peine le bas de la célèbre rue de Market Street).

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